L'île de Giovanni expliqué par son réalisateur M. Nishikubo
Après "Lettre à Momo", Production I.G. évoque l'histoire de deux frères dans le Japon d'après-guerre dans "L'île de Giovanni". Son réalisateur, Mizuho Nishikubo, revient avec CitizenKid sur les dessous du film d'animation.
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Les secrets de "L'île de Giovanni" dévoilés par M. Nishikubo
Malgré la thématique, celle d'un peuple meurtri par la guerre et la défaite, "L'île de Giovanni" est un film pour les enfants dès l'âge de 8 ans.
Son créateur évoque l'incroyable pouvoir d'imagination des deux frères et surtout l'amitié qui se lie entre eux et Tanya, une petite fille russe venue s'installer sur leur île.
Mais comment évoquer la violence sans l'être ? Comment créer des personnages d'une autre culture que la sienne ? Le réalisateur japonais nous explique comment il a procédé pour venir à bout de ce beau projet.
"L'île de Giovanni" sort au cinéma le 28 mai prochain. Pour en savoir plus sur le film, découvrez notre interview de M. Nishikubo et la fiche dédiée au long-métrage.
Mis à jour par Charlotte Loisy le 28 avr. 2014
Article créé le 25 avr. 2014
CitizenKid : Quelle a été la plus grande difficulté pour réaliser ce film : le réalisme historique, l'émotion, l'aspect technique ?
M. Nishikubo : Pour moi qui suis Japonais, ça a été très difficile de créer les caractères des personnages russes. Je ne connais pas très bien leurs coutumes et je ne sais pas comment les enfants ou les adultes se comportent. Par exemple dans le film, on voit la fête du Nouvel an russe. Je ne savais pas si au sein de l'Armée russe ils la fêtaient également en début d'année. Tanya fait aussi la bise aux garçons dans le film mais j'ignorais si je pouvais montrer une enfant russe de cet âge embrasser un garçon de cette manière-là. Il a fallu faire beaucoup de recherches sur toutes les coutumes russes que je ne connaissais pas.
CitizenKid : Comment avez-vous gérer la violence de la guerre et de ce que vivent Junpein et Kanta dans le film ?
M. Nishikubo : Il n'y a pas réellement de scène violente concrète. Il n'y a aucune scène de combat ou de violences subies par les enfants. Ce n'était pas nécessaire sinon je l'aurais fait sans aucune hésitation. Dans "L'île de Giovanni", on pouvait parfaitement faire passer des émotions sans montrer aucune violence.
CitizenKid : L'histoire est inspirée de la vraie vie d'Hiroshi Tokuro. L'avez-vous rencontré ? Etes-vous allé sur l'île en question ?
M. Nishikubo : Oui bien sûr je l'ai rencontré. Il a 80 ans et c'est quelqu'un de très joyeux. D'ailleurs il n'hésite pas à draguer les jeunes filles russes. Il a une incroyable capacité de mémoire. Il se souvient de détails du passé. Tout ce qu'il m'a raconté m'a énormément aidé pour faire ce film. En ce qui concerne l'île de Shikotan, je n'ai pas pu y aller moi-même pour des raisons politiques. Je suis allé jusqu'à la ville de Nemuro qui est située en face mais pas plus loin. Par contre, j'ai pu utiliser les nombreuses archives photographiques qui existent encore.
CitizenKid : La scène où le train électrique passe d'une maison à une autre en créant des ombres sur les murs est magnifique. Quelle est votre scène préférée ?
M. Nishikubo : J'aime toutes les scènes du film. Mais si je dois en citer une, je pense que ce serait celle dans laquelle le père est embarqué sur un bateau russe. On entend en voix-off une citation d'un poème, on voit la brume et on entend aussi la musique en fond. Chaque mot prononcé par Junpei est très chargé en émotions. Je pense que cette scène est l'une des mieux réussies même si elle n'est pas spectaculaire.
CitizenKid : Pour créer les personnages, vous êtes-vous inspiré de votre propre caractère ou d'enfants autour de vous ?
M. Nishikubo : Tout le monde a une part de Junpei ou de Kanta en soi. Certains sont plus comme Junpei, d'autres comme Kanta. J'ai observé des caractéristiques typiques pour créer les deux frères. Pour Tanya, je voulais que ce soit une petite fille qui ne soit pas juste mignonne, qu'elle ait autre chose.
CitizenKid : Selon vous, quelle est l'importance de l'histoire du Train de la voie lactée pour les personnages principaux ?
M. Nishikubo : Il s'agit d'un livre que la maman des deux frères aimait beaucoup. Quand elle était encore en vie, elle leur lisait souvent. L'histoire raconte une façon de vivre très positive et la quête du vrai bonheur. Le livre est important car il aide les enfants à surmonter les obstacles qu'ils rencontrent.
CitizenKid : Que préférez-vous dans la réalisation de films d'animation ? Allez-vous passer à la réalisation d'acteurs ?
M. Nishikubo : Pour l'animation comme pour les autres types de cinéma, c'est un art collectif, contrairement à la peinture ou à la sculpture. Quand on travaille en équipe, il y a parfois des moments de conflit mais on arrive quand même à créer. C'est ce que j'aime dans ce métier. J'aime aussi diriger des acteurs. D'ailleurs pour les voix japonaises, j'ai eu la chance de travailler avec des comédiens japonais très connus avec lesquels j'ai pu peaufiner les caractères des personnages. J'ai beaucoup aimé cela.
1 avis sur cet article
- VANESSA773
- le 25 mai 2014 à 22:39:41
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